Une immense colline verte, seul élément stable d’une chorégraphie en mouvement permanent, occupe l’entièreté de la scène. Dans cette création, François Chaignaud s’inspire d’un rêve récurrent : il imagine une communauté de danseur·euses et chanteur·euses qui transcendent les limites des deux disciplines. Il est rejoint par Geoffroy Jourdain, avec qui il partage un intérêt commun pour les polyphonies sacrées de la Renaissance – l’âge d’or du contrepoint. Sur scène, une communauté de treize individus est tantôt regroupée, tantôt éclatée en entités plus réduites, se contaminant et transportant ainsi la ligne mélodique. L’idée de tradition prend vie : elle n’est pas figée et n’appartient pas aux individus ; elle traverse les corps de ceux·elles qui l’accueillent. Après le magnifique Symphonia Harmoniæ Cælestium Revelationum en 2019, François Chaignaud nous revient aujourd’hui avec un répertoire s’étalant d’Antonio Lotti (17e siècle) à Musik für das Ende de Claude Vivier (1971), dans une chorégraphie prodigieuse. À la fois méticuleuse et dynamique, elle transite de corps en corps, séparés et unis à la fois, à l’instar des lettres du titre de la création. t u m u l u s est une expérience envoûtante qui combine voix et danse et explore le paradoxe de nos corps, partagés entre le singulier et le collectif, la matérialité et l’éternité.