Comment les qualifier, ces drôles de musicos, gouailleurs, farceurs et talentueux? Michaël, Jérôme, Wilfried, Julien ou Ronald, ils se disent tous des “gargotons”. C’est dire qu’on n’est pas sortis de l’auberge pour définir leur étrange, mais goûteuse mayonnaise. N’allez surtout pas dire “fanfare”, quand vous êtes en face de guitare, accordéon, flûte à bec, clarinette, basson, piano, xylophone, glockenspiel, contrebasse, tuba, trombone, banjo, viole ou scie musicale selon les versions. Evitez de les placer dans des boîtes étiquetées chanson française, musique tzigane ou kletzmer, sonorités celtiques ou médiévales, flonflons ou répertoire de chansons de marins, ce serait comme faire entrer un tube rond dans un trou carré. Abandonnez toute idée de rigueur, de sérieux, de progression logique dans un enchaînement raisonné. Et laissez-vous aller à la joie communicative d’une bande d’excellents musiciens qui ont plaisir à jouer et à chanter le meilleur de ce que musique populaire, chansons et poésie ont à offrir. Tenez, un concert comme celui de la Gargote, ça vous rappelle irrésistiblement la scène culte de la cuite des Tontons Flingueurs: vous savez, quand Lino Ventura goûte le tord-boyaux et lâche “Il a comme un goût de pomme”. - Y en a, dit Francis Blanche. “Et moi j’y trouve un petit goût de betterave….”, dit Jean Lefèvre. -Y en a aussi! [...] S.P.