Intrigue et amour
2015-12-08

- Dates
- 2015-12-08 — 2015-12-12
- Lieu
- Théâtre Varia
rue du Sceptre, 78 1050 Ixelles
Ixelles - Institution
- Fiche du lieu
- Catégorie
- Théâtre
L’amour qui unit Louise Miller, la fille d’un humble bourgeois musicien, à Ferdinand, le fils du tout puissant Président Walter, rencontre l’hostilité des deux pères au nom de la mésalliance et de l’écart de leurs milieux. Mais le jeune aristocrate Ferdinand, à la limite de l’ancienne et de la nouvelle société, se montre dédaigneux de ces principes. Il défend son amour en se justifiant du droit du coeur et combat le projet - nourri par son père – de lui faire épouser la favorite du prince. Le Président se décide donc d’avoir recours à la tromperie. Wurm, un flatteur de la plus belle eau qui a déjà fait jeter en prison le père de Louise, dicte à celle-ci un billet tendre destiné au maréchal von Kalb, un courtisan, en l’assurant qu’elle pourrait ainsi obtenir la libération de son père. La lettre tombe dans les mains de Ferdinand et la catastrophe devient inévitable.
Avec cette sale histoire, écrite dans une langue superbe, Schiller marie l’expression des sentiments les plus subtils à une cordiale trivialité, non sans pointes d’humour. Un genre pour le moins surprenant chez ce précurseur du romantisme allemand, dont la devise était « Vivez votre siècle, mais ne soyez pas sa créature ».
On y entend un écho aux amours contrariées des amants de Vérone. L’éternelle révolte des jeunes contre l’injustice de ce monde, incarnée par les anciens, est omniprésente. Grâce à son discours passionné et à sa dense et raffinée structure, Intrigue et amour a tout pour continuer d’émouvoir le public contemporain.
La pièce a la trame d’un polar par son intrigue et est aussi une charge explicite contre la corruption politique. Le chef du budget fraude, le ministre chargé de lutter contre la fraude triche, le ministre de la rigueur l’applique aux autres et pas à lui, le « père la morale » n’en a aucune. Si les politiques sont gangrenés, si les puissants apparaissent comme de cyniques crapules, la classe moyenne n’est pas épargnée. Nourrie d’illusions et de fantasmes, entre le goût de lanliberté et l’habitude de la servitude, elle est impuissante et ridicule. On assiste alors à la folle histoire d’un double aveuglement : celui des petits bourgeois Miller et celui du Président et de son fils Ferdinand. La tyrannie - et Schiller en raconte bien les mécanismes élémentaires -, n’est pas seulement publique. Elle est présente dans les relations entre parents et enfants, quelle que soit leur classe sociale
