Combat de nègre et de chiens
2016-10-05

- Dates
- 2016-10-05 — 2016-10-16
- Lieu
- Théâtre des Martyrs
place des Martyrs, 22 1000 Bruxelles
Bruxelles - Institution
- Fiche du lieu
- Catégorie
- Théâtre
"Combat de nègre et de chiens" est une grande pièce sur la peur, la dissimulation, le mensonge, le commerce que nous entretenons avec la culpabilité et la mauvaise conscience. Koltès disait : cette pièce ne parle pas de l’Afrique, car je ne suis pas un auteur africain. En effet, le sujet n’est pas tant l’Afrique qu’un microcosme européen fermé confronté à l’inconnu, au mystère, au sacré, dans ce continent des peurs qu’est pour nous l’Afrique. Nous savons ce que la richesse de notre continent doit au pillage des ressources de ceux qui se noient aujourd’hui dans le tombeau qu’est devenu la Méditerranée. Et plus notre sentiment de culpabilité est profond, plus le racisme est fort pour nous couper de ceux qui pourraient nous reprocher de vivre comme des chiens. Comme le ferait Shakespeare, Koltès transforme cette culpabilité en personnage, Alboury, cet autre noir qui porte le nom d’un roi, ce frère venu avec entêtement, opiniâtreté, demander une seule chose : le corps de celui qu’on a écrasé, dissimulé, fait disparaître dans un tuyau de merde pour continuer à vivre sans le voir, sans que sa dépouille n’inquiète notre mauvaise conscience. Cette demande mythologique prend aujourd’hui pour nous un sens immédiat. La présence énigmatique d’Alboury, par la résistance qu’elle oppose à l’explication rationnelle, agit comme un révélateur, au sens photographique. Elle démultiplie les contradictions de chacun, ouvre une brèche dans les fantasmes des derniers habitants de cette miniature de l’Europe et leur renvoie dans toute sa violence leur ignorance, et leur mépris.
(Thibaut WENGER, metteur en scène).
TEXTE : Bernard-Marie Koltès
JEU François Ebouele, Thierry Hellin, Fabien Magry, Berdine Nusselder
SCÉNOGRAPHIE Arnaud Verley
LUMIÈRES Matthieu Ferry
COSTUMES & ACCESSOIRES Claire Schirck
CRÉATION SONORE Geoffrey Sorgius
MISE EN SCÈNE Thibaut Wenger
