Sur scène un grand lit blanc et une boule à facettes qui brille de mille feux comme les yeux de Anne quand elle regarde Alex. La jeune femme adore écouter les histoires de son partenaire, un homme marié nettement plus âgé. Elle lui demande de raconter sa première fois malgré qu’elle connaisse déjà toute l’histoire. Il se plie au jeu, il aime ça. Ces deux-là s’entendent, cela saute aux yeux.
Il neige, Anne essaye de convaincre Alex de rester : « l’hiver quand il neige, c’est bien d’avoir des mains sur soi ». Alors la conversation dévie. Elle ne peut s’empêcher de lui faire remarquer qu’ils n’iront jamais au restaurant, jamais au cinéma ensemble. Les remarques ne sont jamais agressives, parce qu’au fond, tout le monde s’aime et qu’il n’y a pas de solution. Alex cite Gabriel García Márquez, comme pour se rassurer : « Rien de ce qui se fait au lit n’est immoral s’il contribue à perpétuer l’amour. » La jalousie finit quand même par se manifester dans ce cocktail d’amour, de sexe et de mélancolie, suggérant que la situation ne soit pas tenable à long terme.
C’est donc en finesse et en beauté que l’auteur décrit cette liaison amoureuse avec beaucoup de justesse et de réalisme. Tout est beau sur scène, même les sentiments. Alors, bien sûr, il n’y a pas de suspense insupportable ou de décor grandiose. Il y a juste un texte profond, une mise en scène tout en sobriété et deux acteurs doués. Cela suffit amplement !